36Eme CONFERENCE GENERALE DE L’UNESCO

Dans le domaine de l’Education, nous avons à recruter 5000  enseignants chaque année pour répondre aux besoins éducatifs avec une population scolaire de 3,5 millions soit ¼ de la population. Cet énorme effort pour le Cambodge traduit la volonté de notre Premier Ministre de considérer l’éducation comme un domaine prioritaire. Outre un taux de scolarisation en hausse dans le primaire atteignant désormais les 95%, la transition entre le primaire et le secondaire reste encore à améliorer. Dans un pays post-conflit comme le nôtre, notre quête de valeurs et d’une éducation de base de qualité constituent un défi quotidien auquel nous souhaiterions voir l’UNESCO s’associer plus étroitement tout en gardant à l’esprit que ces efforts resteront vains s’ils ne portent pas en amont sur la formation d’enseignants qualifiés et compétents.

 

En outre, le Royaume du Cambodge avec 30% de sa population âgée de 15 à 25 ans, doit faire face à l’arrivée de 700 jeunes par jour sur le marché de l’emploi. Ce chiffre constitue un défi pour notre gouvernement et nous comptons sur l’assistance de l’UNESCO pour nous aider à renforcer la formation professionnelle et technique des jeunes afin que leurs capacités répondent  aux nombreux besoins d’une économie en pleine expansion.

Le Gouvernement Royal du Cambodge  porte ses efforts sur l’éducation informelle en coopération avec l’UNESCO dans le cadre du projet CapEFA et se réjouit à cet égard de l’intensification de programmes d’alphabétisation nationaux efficaces proposés dans le Projet de Programme et de Budget 36C/5.

Le Royaume du Cambodge peut s’enorgueillir d’avoir lutté efficacement contre l’épidémie du VIH/SIDA  et a reçu à ce titre une reconnaissance de la part des Nations Unies lors de la cérémonie de récompense en faveur des Objectifs du Millénaire en 2010 pour son engagement et les progrès réalisés pour la réalisation de l'Objectif 6, et plus particulièrement pour avoir enrayé et inversé la propagation du VIH.

 

Dans le domaine de la culture, comme vous le savez, le Royaume du Cambodge connait depuis une quinzaine d’années, grâce à une coopération étroite et fructueuse avec l’UNESCO, une renaissance sans précédent de ses arts traditionnels, de ses industries créatives et de la restauration et mise en valeur de son patrimoine démontrant par là-même que la culture constitue un atout majeur pour le développement durable du Cambodge.

Fort de cette expérience, le Gouvernement Royal du Cambodge, toujours avec en partenariat avec l’UNESCO, dresse l’ambitieux dessein de se doter d’une politique culturelle nationale qui puisse préserver cette diversité et cette richesse culturelle redécouvertes.  Aussi, dans cet esprit, avons-nous déjà adopté un décret-loi sur les Trésors Humains Vivants visant à garantir la transmission des savoir-faire dans une société en pleine mutation.  Par ailleurs, le Gouvernement Royal du Cambodge travaille activement, en collaboration avec l’UNESCO et d’autres acteurs concernés, à la restitution d’objets d’art disparus. D’autre part, dans le cadre du programme de « Soutien aux industries créatives » généreusement financé par le Fonds espagnol des Objectifs du Millénaire, d’importants efforts ont été faits pour allier esprit entrepreneurial et compétences artisanales chez les populations rurales tandis que des programmes culturels participatifs sont élaborés et mis en œuvre au sein de centres culturels novateurs dédiés aux cultures minoritaires du Cambodge.

 

Le Comité International de Coordination pour la Sauvegarde et le Développement du Site Historique d’Angkor, quant à lui,   constitue toujours un forum de coopération internationale actif et original dont les fructueux travaux veillent depuis 18 ans à maintenir ce que l’on peut désormais appeler « l‘esprit d’Angkor », c’est-à-dire un équilibre entre sauvegarde patrimoniale et développement durable dans un site vivant du patrimoine mondial.  

 

Enfin, dans le domaine de la Communication, le temps me manque pour décrire l’ensemble des activités menées en faveur de la liberté de presse et de la formation des journalistes, le Gouvernement Royal du Cambodge est heureux de vous annoncer la création du Comité National Mémoire du Monde. Nous entrevoyons déjà l’énorme potentialité de croiser des éléments du Registre « Mémoire du Monde » tels que le Musée du Génocide de Tuol Sleng avec des sites du patrimoine mondial tels que Auschwitz-Birkenau et le Mémorial de la paix d’Hiroshima afin de contribuer également à une réflexion internationale qui pourrait s’intituler « Mémoires pour la Paix ». Cette réflexion pourrait nourrir éventuellement les travaux de la plateforme intersectorielle pour une culture de paix et de non-violence proposée par la Directrice Générale pour le prochain biennium. En outre, le Gouvernement Royal du Cambodge encourage l’Organisation à faire évoluer le Programme « Mémoire du Monde » en instrument normatif telle une convention ce qui lui permettrait, outre une plus grande reconnaissance internationale, la possibilité d’assurer plus efficacement la préservation du patrimoine documentaire mondial.

 

Excellences, Mesdames, Messieurs,


Pour terminer, je vous remercie vivement de votre obligeante attention.